LA CLASSE MOYENNE CHINOISE : LA CLASSE IDEALE?

C’est devant un large auditoire réuni jeudi 12 mars à l’école canadienne que Jean-Louis Rocca a dressé un portrait vivant de la classe moyenne chinoise. A la croisée des habitudes sociales et de l’actualité politique, ce sujet a suscité un vif intérêt. Voilà en substance les quatre points abordés, en dehors des nombreuses questions qui ont pu germer en deuxième partie de soirée :

Premier thème: les conditions d’émergence d’une classe qui a profité des réformes initiées il y a trente ans permettant l’augmentation quasi générale des revenus, la diversité de leurs sources, l’accès à l’éducation mais aussi l’accroissement des inégalités. Aux côtés de ceux qui restent en difficulté, de ceux qui ont le strict nécessaire et des plus riches, une classe moyenne se fraie une voie, mais diffère d’un lieu à l’autre de la Chine.

Deuxième thème : la classe idéale dont la chine a besoin. La classe moyenne cumulerait 5 vertus et ne présenterait aucun défaut. Elle consomme intelligemment, elle incarne l’archétype de l’homme moderne, dynamique, ouvert, instruit qui doit sa réussite à ses propres qualités, elle est dotée d’une conscience politique sans mettre en péril la stabilité dont elle a besoin, elle répond aux aspirations de mobilité sociale, elle se veut enfin le symbole de l’accès de la Chine au bon goût et aux bonnes manières.

Troisième thème : la classe moyenne existe-t-elle vraiment ? Selon le ou les critères retenus, 40 à 300 millions de personnes appartiendraient à ce groupe. Les revenus, le niveau d’éducation, la nature du travail, le mode de vie et la conscience politique sont autant de signes de reconnaissance d’une classe à géométrie variable.

Quatrième thème : les enjeux politiques. Les politiques menées vont-elles ou non dans le sens des classes moyennes? D’une part, les différences entre les groupes sociaux sont aujourd’hui entretenues. D’autre part, la question des enjeux est délicate car les Politiques appartiennent eux-mêmes souvent à ces classes moyennes…Le législateur est donc aussi souvent acteur.

Et Jean-Louis Rocca de conclure que cet état des lieux est valable tant que la croissance se poursuit. Qu’en est-il à l’heure de la crise ? Un sujet tout trouvé pour l’année prochaine!